L’État et les clivages ethniques en Afrique

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Encore parfois décrié par certains, qui l’accusent d’appauvrir les relations humaines, le « web », cette prodigieuse invention de l’homme, les enrichit au contraire de manière admirable. Entrer en relation avec des personnes partageant, même à des milliers de kilomètres, vos centres d’intérêt, est devenu un jeu d’enfant, et cheminer dans une réflexion partagée un bonheur quotidien.
C’est ainsi que durant plusieurs mois un dialogue s’est construit entre un petit village de 250 habitants blotti dans les collines lumineuses de Haute-Provence et l’effervescente capitale du Cameroun, entre deux universitaires que l’âge a libérés de leurs obligations professionnelles : l’un, juriste et politiste, fut – trop fugitivement à son gré – enseignant à la Faculté de droit et d’économie de l’université de Yaoundé, l’autre, philosophe formé en Sorbonne, a ajouté à sa carrière académique au Cameroun une carrière politique.
Nous nous sommes trouvés habités par des préoccupations très voisines : tandis que Njoh Mouelle se demandait comment accélérer l’émergence de l’Etat- nation malgré la prédominance des solidarités ethniques, Thierry Michalon cherchait la solution permettant de faire un meilleur usage de la réalité des ethnies en vue de fonder des Etats capables d’assumer la mission essentielle d’un Etat moderne, à savoir, organiser la vie collective par des règles connues, stables et respectées sur l’ensemble du Territoire.
. En mai 2010 en effet, Ebénézer Njoh Mouelle prononça, au Centre culturel français de Douala, une conférence sur la question des difficultés que créent les solidarités ethniques sur le chemin de l’édification de l’Etat- nation en Afrique. A cette occasion, il fit part à son auditoire, en la discutant, de la proposition élaborée par Thierry Michalon dans Quel Etat pour l’Afrique ? ouvrage publié en 1984 aux éditions L’Harmattan : les solidarités ethniques s’avérant, dans les pays d’Afrique, plus puissantes que la solidarité nationale, la formule de l’Etat-nation est privée de son nécessaire substrat et ne peut donner que les piètres résultats aujourd’hui constatés. Il importe de se désintoxiquer du modèle de l’Etat-nation pour aller à la recherche des véritables solidarités, de nature régionale, culturelle, ethnique, et fonder sur celles-ci des institutions de type fédéral transférant de la capitale centrale aux capitales régionales l’essentiel des compétences et des moyens.
Les hasards de la « navigation » sur le web permirent à Thierry Michalon de prendre connaissance de cette conférence et d’établir le contact avec son auteur. Il s’ensuivit, au fil des mois, un dialogue franc, honnête et sincère que l’on retrouvera dans les pages qui suivent, simplement restructuré pour les besoins de la publication, et que nous proposons pour nourrir la réflexion de chacun.

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Description

(Propos et dialogues échangés sur Internet en 2010)

de Ebénézer NJOH MOUELLE

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