MON OPINION SUR…LES JEUX DE HASARD

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Le jeu de hasard a un soubassement social indéniable. Il est le prolongement ludique d’une fonction sociale autrefois remplie par le devin et tous les responsables des arts divinatoires. En fait on joue à deviner ce que la marge d’incertitude et d’ignorance par rapport à ce qui peut advenir rend difficile et ténébreux. Il est vrai que bien des jeux d’argent se fondent sur ce même hasard. Ce qui a fait problème c’est l’introduction du gain et par conséquent de l’argent dans ces jeux. Il y a du hasard dans la position dernière de la roulette des casinos. Il en est de même dans le tirage du loto, de la loterie ou des tombolas. Dans la course des chevaux, il intervient quelques éléments objectifs et rationnels qui réduisent la part du hasard et peuvent permettre un pronostic scientifique. Cela étant dit, il faut que je rappelle quelques jalons d’histoire. Il y a eu énormément d’avancées et de reculs en matière de réglementation officielle en cette matière. Les jeux d’argent ont été tantôt interdits, condamnés, tantôt autorisés. Certains empereurs romains, certains rois de France ont été eux-mêmes des joueurs invétérés. Ce fut le cas de l’empereur Auguste ; ce fut le cas des rois Henri IV et Louis XIV de France. Par contre auparavant, quand le catholicisme et le pouvoir d’Etat coïncidaient au sommet, Charlemagne excommunia les joueurs invétérés, Charles le Bel interdit toutes sortes de jeux. La réprobation chrétienne frappait les jeux de hasard et de profit, considérés comme développant les passions et entretenant l’esprit de lucre. On n’en est plus là aujourd’hui. Ce qui ne veut pas dire que dans tous les pays ces jeux sont autorisés, loin de là.

En Afrique, le jeu d’argent n’a été introduit que par le système économique qui domine le monde aujourd’hui. Le plus important, à mon sens consiste pour l’Etat à bien les réglementer et à surveiller leur environnement pour qu’ils ne cachent pas des trafics condamnables. Il m’apparaît utile de permettre aux gens d’espérer améliorer leur bien-être quotidien sans avoir une quelconque mauvaise conscience qui n’habite pas ceux qui volent et détournent les deniers publics. Je crois que c’est moins l’argent gagné dans ces jeux qui doit faire problème que l’origine de celui distribué à ceux qui gagnent. Si le produit de la vente des tickets de loterie ne justifie pas à lui seul les montants distribués aux gagnants, il y a lieu de s’inquiéter. Car il ne faut pas que ces jeux de hasard et d’argent se confirment comme étant des marchés de blanchiment de l’argent provenant de divers trafics et en particulier de celui de la drogue et du faux monnayage, par exemple.

Extrait de l’Interview au journal Mutations, édition du vendredi 24 octobre 2003, Ydé.